Edito EscaladeMag n°47

Un édito sur les Shadoks, why not ! En pleine rééducation suite à mon opération de la main, je fréquente assidûment le service de kiné de la clinique de la Chataigneraie, où de belles devises Shadoks ornent les murs. De quoi décentrer par l’absurde et faire oublier les séances quelque peu fastidieuses…

Et les Shadoks pompaient…

En 1968, de drôles de petits personnages faisaient leur apparition sur les écrans de télévision : les Shadoks. Le comédien Claude Piéplu prêtait sa voix à cette série d’animation, qui narrait les aventures absurdes et galactiques d’êtres anthropomorphes, rondouillards, pompant inlassablement le Cosmogol 999 de l’Univers. Hauts sur pattes, têtus, même quand ils ne pompaient pas, ils rêvaient qu’ils pompaient.

Vous me direz : quel point commun y a-t-il entre un Shadok et un grimpeur ? À première vue, la ressemblance n’est pas frappante. Le Shadok pond des œufs métalliques, s’exprime par onomatopées (GA, BU, ZO, MEU) et n’atteint des hauteurs vertigineuses qu’au prix de paradoxes savoureux : « Avec un escalier prévu pour la montée, on réussit souvent à monter plus bas qu’on ne serait descendu avec un escalier prévu pour la descente ».

Toutefois, le grimpeur et le Shadok sympathisent sur le terrain de la persévérance. Car le Shadok est l’inventeur d’une maxime bien utile pour la varappe : « Ce n’est qu’en essayant continuellement que l’on finit par réussir. Autrement dit : plus ça rate, plus on a de chances que ça marche ». Les prises maintes fois serrées, le pas de bloc retors et le relais si difficile à atteindre n’ont qu’à bien se tenir ! Oyez le chant langoureux des dégaines : « Clippe-moi ! Clippe-moi ! »…

À voir un grimpeur essayer sans relâche un même mouvement, on est d’ailleurs tenté de lui supposer une certaine parenté avec les personnages de Jacques Rouxel, adeptes de la cosmopompe et créateurs d’objets aussi saugrenus que le batteur d’air ou le tire-bouchon hypersustentateur ! Il faut dire que les Shadoks luttent aussi contre la gravité : leur planète changeant sans cesse de forme, ils trébuchent et encourent une chute dans le grand vide interstellaire.

Ce mois-ci, nous tentons un saut au Verdon. Pas un saut dans le vide bien sûr, ni un saut de l’ange, ni même un saut dans l’espace gravitationnel qui inquiète tant les Shadoks. Nous prenons juste un peu de hauteur pour admirer les lignes de fuite, les perspectives plongeantes, le gaz des Gorges. Immersion au pays des gouttes d’eau ! Ces gouttes sculptées par l’érosion ne filent pas au travers d’une passoire. Ça tombe bien, car la passoire shadok est indépendante de la notion de trou et réciproquement. Alors bonne grimpe et MEU !

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