Edito EscaladeMag n°45

« La maman des poissons, elle est bien gentille ! ». Cet extrait de chanson de Boby Lapointe pourrait servir de sous-titre à cet édito du n°45 d’EscaladeMag (octobre 2011). Mais les avant-textes sont multiples : de la légende japonaise du Namazu au Capitaine Haddock, en passant par Montesquieu ou Hugo Pratt… Il fallait bien cela pour Céüse !

Comme un poisson dans l’eau

Jadis, au Japon, on croyait que les tremblements de terre étaient le fait d’un énorme poisson-chat qui frétillait, facétieux, au plus profond des abysses. Plein de bonne volonté, il secouait le monde pour le métamorphoser ! On a compris depuis, et bien avant Fukushima, que si l’histoire est belle, elle n’a pas grand chose à voir avec la réalité.

Pourtant cette légende a une part de vrai. Elle tire son origine de l’observation des poissons-chats, qui à l’approche des séismes, modifient leur comportement. Au lieu de rester tapis au fond des lacs, ils sont pris d’une activité soudaine et s’agitent, fébriles, en surface. Réceptifs aux très légères vibrations de la vase, ils entament une danse étrange, qui souligne l’imminence de la catastrophe.

Tout ceci n’est pas sans rappeler, en escalade, les mouvements désordonnés dans les instants qui précèdent la chute. Même si à bien des égards, le grimpeur est alors plus proche du poisson volant que du poisson-chat ! Quand il se trémousse au bout de la corde, on dirait un poisson ascendant sagittaire. Mais c’est juste un poisson séché, parti avec une écaille sur l’arête.

Inutile de lui faire des yeux de merlans frits, il prendrait la mouche. En sourdine les sardines, il vous attraperait comme du poisson pourri. Murènes, rascasses et requins fraient dans les parages. Anguilles itou. Tout le menu fretin contemple ses nageoires charnues, son dos rouge, dégoulinant. Il est vidé. Et la tentative se termine en… eau de boudin !

Ce mois-ci, nous vous convions à Céüse, une falaise où l’on observe bien des poissons volants ! D’ailleurs, cette Mecque de l’escalade devrait être désignée capitale mondiale des exocets. Que de belles voies, Tonnerre de Brest ! Que de Beaux mouvements sur fond bleu (7a+), bougre d’amiral de bateau-lavoir ! Loup-garou à la graisse de renoncule de mille sabords, comme dirait le capitaine Haddock…

Alors, ne noyons pas plus longtemps le poisson, extrait d’hydrocarbure ! Comme des phoques (6b), entre terre et lumière (6b+), offrons-nous une Ballade sur la mer salée (6b+), Flibustiers de carnaval ! Faisons taire Montesquieu qui nous voit comme des poissons dans un grand filet, qui se croient libres et qui pourtant sont pris. Car, qu’on soit lune ou pilote, d’avril ou des mers du sud, quand on grimpe, on échappe à la nasse !

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