Escalade au pays de Mandrin

Dans le n° de septembre 2011, c’est avec grand plaisir que je publie un article sur l’escalade en Avant-pays savoyard ! Texte et photos ont été faits en juin, au cours d’un petit périple au débotté (ou presque) sur les terres de Mandrin. Un grand merci aux équipeurs locaux qui nous ont fait visiter leurs falaises (Stéphane Chollat, Eric Duret, David Laurent et Pierre Franceschi), ainsi qu’à Osella Consultants et Ingrid Fabre, de l’OT de l’Avant-Pays Savoyard, pour leur accueil et leurs adresses !

Escalade au pays de Mandrin

C’est en Avant-Pays Savoyard, tout près du Lac d’Aiguebelette, que commence notre périple sur les terres du célèbre brigand du 18e siècle. Librement imaginé, il devrait nous conduire en douce du Col de l’Épine jusqu’au Col du Sapeney, en passant par moult paysages vallonnés fournis en petits spots propices à l’initiation et à l’escalade plaisir.

Nous ne sommes évidemment ni des voleurs ni des contrebandiers. Inutiles donc de se visualiser en bandits de grand chemin, dépouillant les riches crapules, défiant la maréchaussée, échappant à la collecte de la gabelle par les fermiers généraux… Mais l’escalade dans ce coin de la Savoie, par sa sauvagerie et son caractère préservé, a tout pour vous faire sentir l’âme d’un Robin des bois !

Petits sites retirés, falaises planquées sous les futaies, l’Avant-Pays Savoyard est un vrai repaire pour les amoureux de la tranquillité et les adeptes de l’escalade sans entraves, au frais, même au plein cœur de l’été et jusque pendant les belles journées d’automne. À la croisée du Jura et des Alpes, le secteur est idéal pour les familles, à la fois rapidement accessible depuis Lyon ou Grenoble, et relativement à l’écart de la cohue des spots à la mode. Que demander de plus ?

L’Épine du jeu
Un premier contact avec la région pourra se faire au Col de l’Épine, situé à 987m d’altitude, entre Chambéry et Novalaise. Ce micro secteur charmant est parfait pour l’initiation, avec des voies très sécurisantes. Il offre l’immense avantage d’être complètement coupé de la route, avec une marche d’approche ridicule d’environ 3 minutes chrono, sur une piste à plat en sous bois.

Les itinéraires, de faciles à extrêmement faciles, sont parfaits pour découvrir l’activité et faire grimper les tout petits : des voies en 3, 4 et 5, à l’ombre et en altitude, avec un équipement rapproché et une abondance de gros bacs ! Bref, de quoi ravir la petite famille, avant d’aller piquer une tête dans le Lac d’Aiguebelette, dont les eaux couleur d’émeraude peuvent atteindre les 28° à la belle saison…

Ma langue au Chat
Pour une escalade un peu plus fatigante, mais toujours en altitude et à l’ombre des grands arbres, c’est au Col du Chat qu’il faut se rendre. Le secteur, développé par David Laurent et Stéphane Chollat, fait cohabiter une quarantaine d’itinéraires, plus ou moins longs, dans des niveaux de difficultés très variés (du 6a au 8b !), sur un calcaire compact, le tout avec vue sur le Lac du Bourget et une marche d’approche là encore minimaliste.

Toutes les voies portent des noms inspirés des félins, thème imposé ! Ceux qui recherchent les voies en 6 se régaleront avec Souris, le persan t’observe (6a+), Adédélechat (6b+) ou À toi l’ami des chats (6c). Et si le 7 vous tente, de belles lignes de continuité parcourent l’extrême gauche de la falaise, comme Chat Kra (7a), Chat ouille moi (7a+) ou Chat pelle au col (7b+) !

L’œil sur les chevelus
En redescendant du Col du Chat, côté Yenne, on aperçoit les lacs de St Jean de Chevelu bordés de roselières, les doux paysages de vignobles près de Billième, et même la prochaine étape de notre trip de grimpe, des dalles inclinées à souhait. Quelle quiétude ! Le peintre Balthus ne s’y est d’ailleurs pas trompé, lui qui a immortalisé cette scène en 1941, avec Le paysage de Champrovent…

Et on arrive en maraude jusqu’à notre destination : les dalles couchées du Haut Somont, près de Yenne, l’endroit parfait pour faire grimper les enfants. On y trouve une quarantaine de voies, du 3 au 7b, avec une dominante dans le 5 sup. Beau rocher sculpté, beaucoup de longueurs faciles et un équipement qui rassure, notamment au secteur central Bébé mutant.

Passage clandestin
Si l’Avant-Pays Savoyard est un véritable paradis pour passer des vacances et grimper en détente, rien n’empêche de pousser un peu plus loin jusqu’en Chautagne, au nord du Lac du Bourget. Vous y trouverez des falaises ultra classiques, comme la Chambotte, qui malgré sa réputation de spot difficile, compte également beaucoup de lignes abordables, rééquipées ces dernières années.

Et un secteur entier, en plein développement actuellement, pourrait bien vous donner envie de prendre définitivement le maquis, pour prolonger conséquemment les vacances : le Col du Sapenay, près de la falaise de Cessens. L’équipement a démarré en mai 2010, à l’initiative d’Éric Duret, Jean-Louis Martin, Pierre Franceschi et Stéphane Leguelaff. L’immense barre a vu l’éclosion d’une centaine de voies (du 5 au 7c+), grâce au travail acharné de débroussaillage et de nettoyage de cette petite équipe. Et manifestement, ce n’est pas fini ! Affaire à suivre…

Que faire de 5 à 7 ?
5a : Pour une poignée de mousquifs, Dalles du Haut Somont
5sup/6a : Le Dièdre de l’arbre, La Chambotte
6b : Yablon, Col du Sapenay
6b/c : Totem, Chambotte
7a : Chat pristi, Col du Chat

Peuple EscaladeMag
Patrice Jacquin
Vigneron à Jongieux et maire de son village, Patrice Jacquin est aussi impliqué dans l’activité touristique avec un gîte et trois chambres d’hôtes. Président de la Chambre d’Agriculture depuis 2007, il œuvre à l’amélioration des vins produits sur le Coteau de Marestel, dont il a relancé l’exploitation il y a une quinzaine d’années. L’objectif est clair : augmenter la qualité des produits en apportant une valeur ajoutée par le biais de l’environnement : agriculture raisonnée et engazonnement pour éviter le ruissellement dans ces vignobles très escarpés…

Éric Duret
Originaire de Lyon, Éric Duret est installé en Savoie depuis de nombreuses années maintenant. Père de deux enfants, il travaille comme BE escalade et en travaux accros. Équipeur très actif, il a œuvré au développement des falaises classiques de la région d’Aix-les-Bains, comme Cessens ou La Chambotte, en compagnie de l’inévitable Philippe Mussatto et des ouvreurs historiques du cru : David Laurent, Stéphane Chollat, Benoît Robert, etc… Et il a toujours un nouveau chantier d’équipement en cours !

David Laurent
Plus connu sous le surnom de Lez (comme Lézard), David Laurent est un grimpeur discret, qui séduit par sa gentillesse et sa modestie. Quand il n’encadre pas au club Chambé escalade, on le trouve généralement en falaise, en train de défricher une nouvelle ligne ou de grimper, tout simplement. Ouvreur efficace, il a à son actif plus de 300 voies dans la région. Animé par un esprit de partage, il met en ligne les topos des nouvelles falaises qu’il développe sur son blog, Mordu de caillasse ! Bon esprit…

Entre les lignes
Les Lyonnais
Une scène du prochain film d’Olivier Marchal, Les Lyonnais, a été tournée sur les rives du Lac d’Aiguebelette, non loin des falaises que nous vous présentons ce mois-ci. Le film, qui sort en salles le 30 novembre, est l’histoire d’un voyou qui est rattrapé par son passé. Construit par flashs-back, il retrace, à travers le destin de cet homme, toute l’histoire du Gang des Lyonnais.

De sa jeunesse passée dans la misère d’un camp de gitans, Edmond Vidal, dit Momon (Gérard Lanvin), a retenu le sens de la famille, une loyauté sans faille et la fierté de ses origines. Il a surtout conservé l’amitié de Serge Suttel (Tchéky Karyo), l’ami d’enfance avec lequel il a découvert la prison à cause du vol d’un cageot de cerises.

Avec lui, inexorablement il a plongé dans le grand banditisme et connu l’apogée du Gang des Lyonnais. L’équipe qu’ils ont formée ensemble a fait d’eux les plus célèbres braqueurs du début des années soixante dix. Leur irrésistible ascension prend fin en 1974, lors d’une arrestation spectaculaire…

Suivez le guide

Venir en Avant-Pays savoyard
En voiture
Depuis Grenoble, autoroute A41 direction Chambéry, puis A43 direction Lyon sortie n°12 Lac d’Aiguebelette
Depuis Lyon, autoroute A43 direction Annecy-Chambéry, sortie n°12 Lac d’Aiguebelette (55 min de Lyon)

En train
TGV tous les jours en gare de Chambéry et d’Aix-les-Bains et correspondances gares locales

Topos
Escalades autour du Lac du Bourget, Ph. Mussatto, juin 2008, 27€

Nombreux topos téléchargeables gratuitement sur le site de David Laurent :
Mordu de caillasse, http://david.laurent13.free.fr

Topo du Sapenay disponible en pdf sur :
www.atelierrocabilo.com, rubrique Topos

Les amis de Gargantua
Les Aigles, Relais du Chat, beau point de vue et possibilité de stationner en camping car
Tel 04 79 85 54 66 / 06 72 04 67 31

Pizzaiolina, à l’entrée du bourg de Yenne, Le Praz Ferra
Tel 04 79 72 66 62

Dans les bras de Morphée
Au pied de la Dent du Chat :
Camping des Lacs, 73170 Saint-Jean-de-Chevelu, Tel : 04 79 36 72 21/06 62 48 37 38

Gîtes des Lacs, accueil paysan
Le Clos, 73170 Saint-Jean-de-Chevelu, Tel : 04 79 36 92 83

Près du Lac d’Aiguebelette :
Camping Le Sougey, 73610 Saint-Alban-de-Montbel, Tel 04 79 36 01 44
http://www.camping-sougey.com

Autres plaisirs minuscules
Randonnées, VTT, sports aériens, baignades… et nombreuses visites dans la région.
Plus d’infos : www.avant-pays-savoyard-tourisme.com

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