Edito EscaladeMag n°27

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Quand les blagues potaches de Melon-Melèche côtoient des citations de Nietzsche, on ne sait plus à quel saint se vouer !!! C’est pourtant le principe de cet édito d’EscaladeMag, écrit pour le n° de septembre 2009, qu’il n’est pas interdit de lire au premier degré !

Les couleurs du charme

Comme dit l’adage, les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas. Prenons une paire d’amis, copains comme cochons mais jamais d’accord sur rien. Pour préserver leur anonymat, nous les appellerons Melon et Melèche, les pseudos Laurel et Hardy, Bambi et Panpan et autres Peter et Sloane étant déjà pris…

Au mur où ils grimpent, on surnomme Melon le bourrin et Melèche la mule. C’est dire leur degré de connivence. Eh bien, malgré cet amour commun pour les déplacements en finesse et une récurrence notoire du ahanement dans leur escalade, la pomme de discorde resurgit régulièrement entre eux.

Ainsi, dans le choix des voies, Melon opte volontiers pour la couleur bleue, Melèche la rose. Melon apprécie les volumes tirant sur le Denim, Melèche la lavande ou le saphir. Pour assurer, Melon empoigne le tube, Melèche le grigri. À l’orée du crux, Melon part bonne main dans la séquence et Melèche à l’envers…

Bref, si le musicien Sidney Bechet avait pu expliquer à Vladimir Poutine torse nu, canne à pêche à la main lors d’une séance photo en Sibérie, l’importance des changements de tonalité d’une clarinette, il y a fort à parier que leur échange aurait été plus fructueux que n’importe laquelle des discussions entre Melon et Melèche.

Petite expérience : plaçons-les dans la bibliothèque, armés non pas d’un revolver ou d’une matraque, mais d’un bon bouquin pour philosopher à coups de marteau, mettons Le Crépuscule des idoles ou Le gai Savoir. L’auteur est un teuton à moustaches : nicht Derrick, Friedrich Nietzsche.

« C’est quand même bon ce Friedrich », blague Melon. « On y trouve tout pour l’aventure : c’est puissant comme pensée mais ça reste léger, ça ne fait qu’effleurer. Écoute ça : « L’observation imprécise voit partout dans la nature des contraires (comme chaud et froid) alors qu’il n’existe que des différences de degrés ». Et ça : la volonté « se mesure au degré jusqu’où on peut se dispenser de certitudes, jusqu’où on supporte de vivre dans un monde dépourvu de sens, parce qu’on organise soi-même un petit fragment ». C’est fort, non ? ».

Melon est emballé, Melèche un poil désorienté : « C’est bon mais t’aurais pas un truc moins prise de tête ? ». « J’sais pas… Tiens, voilà le dernier EscaladeMag ». « C’est pas trop élitiste ? ». « Mais non, regarde, ça parle de nous dans l’édito ! ». « Sacrebleu, tu me chambres là ?! ». « J’oserais pas… ». « Diable ! ». « Et après, ça nous mène au Céou et même au Tahoe, avec ou sans corde… ». Comme, pour la rentrée, Melon se déchaîne dans les voies et Melèche en bloc, ça devrait les satisfaire tous les deux, mais sait-on jamais !

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