Edito EscaladeMag n°26

Juin 2009, l’ambiance concurrentielle est au top. Je me fends d’un petit édito pour démentir les rumeurs de clef sous la porte et autres mises en faillite d’EscaladeMag… Drôle de bestiaire ! L’image du lapin dans les phares sort tout droit de la Nouvelle Star, émission que je regarde chaque semaine, le cerveau totalement disponible, pour me détendre. Manoukian, Apollinaire, Ailefroide et le Frankenjura, décidément il dépote ce n°26 ! Et le chasseur a dû se reconnaître…

Comme un lapin dans les phares

Le pelage frémissant, les yeux brillants dans la nuit, le corps tétanisé au milieu de la chaussée, l’animal prolifique n’a pas l’air de comprendre la fin inévitable qui l’attend s’il n’enclenche illico la course effrénée qui s’impose. Une décapotable louvoie déjà sur l’asphalte à sa rencontre, dans un crissement de pneus fumants.

Aperçu du volant, le lapin a l’étonnante impassibilité d’un individu d’une remarquable douceur. Hop ! Il bondit et file dans les fourrés, échappant in extremis à une mort par renversement. « Sa garenne est parmi le thym », écrit Apollinaire. Nous dirons plus prosaïquement qu’il détalle dans le maquis, épris de liberté. Il fait bien.

Dans le genre « animal traqué », nous pourrions évoquer un autre spécimen pioché dans le bestiaire classique : la biche aux abois, esquivant les arbres et les chiens, semant le chasseur. Mais la logique éditoriale nous conduit à nous étendre sur un gibier légèrement différent : le grimpeur à l’agonie, acculé dans une impasse, serrant des prises plates au bout d’une longue fuite en avant. Là aussi, c’est sauvage !

Exit donc la biche, lancée à pleine vitesse sous les frondaisons. D’elle, nous dirons simplement qu’elle parvient à peine à endiguer la montée d’acide lactique qui envahit ses cuisses. Courageusement, elle résiste et entraîne son poursuivant près des sables mouvants ou aux abords d’un étang, quitte à se mouiller elle-même pour le noyer ou le faire chavirer entre deux eaux.

Quant au grimpeur, il lui reste quelques chances de s’en tirer, s’il joue la carte de la prise de risque : tenter le jump extrême (comme le lapin) ou se hasarder dans une séquence détournée (comme la biche), mais sans retour possible ni expectative quant au résultat ! Avancer en mode automatique, pour le seul plaisir des pulsions, du challenge et de l’aléa. Grimper sans devenir observateur de soi-même. Au summum.

Ces quelques réflexions vous reviendront-elles en mémoire sur les blocs d’Ailefroide ou dans le Frankenjura, quand vous explorerez l’un des deux sites présentés ce mois-ci ? Peut-être goûterez-vous in petto le sel du récit quand dans l’urgence du crux, vous tenterez soudain votre va-tout ? Qui vivra verra ! En attendant, bel été et belle lecture !

Ah, oui, j’oubliais : ce numéro est plus bref que de coutume, mais comme toutes les voies courtes, ça reste péchonnant. EscaladeMag est bien vivant, et fringant même, comme notre lapin ! N’en déplaise à la rumeur – déjantée mais tenace – qui a circulé en cette fin de printemps… Rendez-vous en septembre donc, pour l’ouverture de la chasse !

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