Edito EscaladeMag n°24

Jigoro Kano s’est-il penché sur mon épaule lors de l’écriture de cet édito du n°24 d’EscaladeMag ? Difficile à dire ! Mais sans doute le fondateur du judo en 1882 aurait-il été bien surpris d’être ainsi convoqué dans un magazine de grimpe ! D’autant qu’il sert surtout à attirer le lecteur dans les méandres d’une lecture interprétative… Texte à chausse-trappes, one more, et merci à Marc-San (ou plutôt Marc-Sensei) pour sa relecture attentive et ses précieux conseils en matière de judo.

La Voie de la souplesse

La légende dit que le fondateur du judo en découvrit les principes lors d’un hiver rigoureux. Il remarqua que les branches d’un saule réagissaient différemment sous le poids de la neige abondante. Les plus grosses cassaient alors que les plus fines pliaient et se débarrassaient du surplus. La Voie de la souplesse était née.

Pourquoi vous parler de judo dans un magazine d’escalade ? La démarche a de quoi surprendre. L’escalade n’est pas un art martial. Mais sans doute des passerelles existent-elles, tout au moins mentales. Et une approche plus souple de la pratique permet souvent d’atteindre de plus hauts niveaux d’accomplissement. Plaisir du geste, détente de l’ego…

En judo, diverses techniques existent : projections, contrôles au sol, étranglements et clefs. Parmi celles-ci, on retrouve celles du sacrifice dans l’axe (dont la fameuse « planchette japonaise », Tomoe nage) ou celles de l’immobilisation, Osae waza (dont Kami shiho gatame qui s’effectue lorsque l’adversaire est couché sur le dos, les deux épaules au sol). Mais nous ne nous lancerons pas ici dans leur transposition potentielle à l’escalade.

D’autres points méritent qu’on s’attarde dessus plus longuement. Après l’apprentissage de la chute (Ukemi), livrons-nous à un petit Randori. Cet entraînement libre est une forme de combat souple dans lequel les deux judokas sont partenaires plus qu’adversaires. Ils permettent à l’autre de progresser, lui opposant une résistance modérée. En escalade, ça n’est pas sans rappeler le partage des méthodes au sein d’une cordée ou l’émulation au pied des blocs.

Bien des grimpeurs adoptent inconsciemment cette formule orientale visant à mieux utiliser les ressources physiques et psychologiques, quelle que soit leur ceinture. Jeu ou compétition, ils cherchent à passer en souplesse plus qu’en force et saluent le tatami en arrivant à la falaise. C’est la plus belle image qu’on puisse garder de l’activité.

Forts de ce constat, nous aussi, nous avons sorti nos plus beaux kimonos en ce printemps renaissant (envie d’ippon ?). On vous emmène faire quelques katas dans les « Kalanques ». Autre avancée sur la Voie de la souplesse : on modifie la récurrence des rubriques dans le magazine (aucune n’est supprimée mais vous ne les retrouverez pas toutes d’un numéro à un autre). C’est l’éternel retour du même sous des formes aléatoires ou pour faire simple, le goût de la surprise. Bon, assez causé : Hajime ! Bonne lecture !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s